L'éducation est pour les gens heureux une parure, pour les malheureux un refuge.
Démocrite
[Actualité du site]
[Recommander]
[Rechercher]
[s'abonner]
[Faire un don]
[Sitinstit]
[Cartables.net]
[Comenius]
[Cahiers péda.]
[Flux RSS]
: interne
: sortant
: pdf
: jpg
: privé
: Eclipse®
: Jclic
: Clicmot™ Nature
: Clicmot™ Fonction
: hot-potatoes
: Mots-mêlés
: flash®
: Snakes&ladders
Le Bossu (8)
Il y avait quatre ans que ces choses étaient passées. On n'avait plus ouï parler jamais du bûcheron ni de dame Marthe. Philippe de Nevers n'était plus à son manoir de Buch. Mais un autre Philippe, non moins brillant, non moins grand seigneur, honorait la vallée de Louron de sa présence. C'était Philippe Polyxène de Mantoue, prince de Gonzague, à qui M. le marquis de Caylus prétendait donner sa fille Aurore en mariage. Gonzague était un homme de trente ans, un peu efféminé de visage, mais d'une beauté rare au demeurant. Impossible de trouver plus noble tournure que la sienne. Ses cheveux noirs, soyeux et brillants, s'enflaient autour de son front plus blanc qu'un front de femme, et formaient naturellement cette coiffure ample et un peu lourde que les courtisans de Louis XV n'obtenaient guère qu'en ajoutant deux ou trois chevelures à celle qu'ils avaient apportée en naissant. Ses yeux noirs avaient le regard clair et orgueilleux des gens d'Italie. Il était grand, merveilleusement taillé ; sa démarche et ses gestes avaient une majesté théâtrale. Nous ne disons rien de la maison d'où il sortait. Gonzague sonne aussi haut dans l'histoire que Bouillon, Este ou Montmorency. Ses liaisons valaient sa noblesse.Le Bossu, Paul Féval