Les conservateurs voudraient arrêter, les réactionnaires remonter, les révolutionnaires précipiter le cours des événements qui les submerge tous.
Oscar Louis Forel
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Le Bossu (2)
En descendant la montagne, à gauche de la coupure, sur le versant ouest du petit pic Véjan, vous apercevez d'un coup d'œil la forme de tout le paysage. La vallée de Louron forme l'extrême pointe de la Gascogne. Elle s'étend en éventail entre la forêt d'Ens et ces beaux bois du Fréchet qui rejoignent, à travers le val de Barousse, les paradis de Mauléon, de Nestes et de Campan. La terre est pauvre à l'est ; mais l'aspect est riche. Le sol se fend presque partout violemment. Ce sont des gaves qui déchirent la pelouse, qui déchaussent profondément le pied des hêtres géants, qui mettent à nu la base du roc ; ce sont des rampes verticales, fendues de haut en bas par la racine envahissante des pins qui entre au plus profond de la terre. Quelque troglodyte a creusé sa demeure au pied, tandis qu'un guide ou un berger suspend la sienne au sommet de la falaise. Vous diriez l'aire isolée et haute de l'aigle. La forêt d'Ens suit le prolongement d'une colline qui s'arrête tout à coup, au beau milieu de la vallée, pour donner passage à la Clarabide, un gave de la taille de la Sienne à Villedieu qui court au fond du val. L'extrémité orientale de cette colline présente un escarpement abrupt où nul sentier ne fut jamais tracé. Le sens de sa formation est à l'inverse des chaînes environnantes. Elle tendrait à fermer la vallée, comme une énorme barricade jetée d'une montagne à l'autre, si la rivière ne l'arrêtait court.Le Bossu, Paul Féval