Dans le monde entier, l'école nuit à l'éducation parce qu'on la considère comme seule capable de s'en charger.
Ivan Illich
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PELLETIER
Oui ?
MADAME BLANDIN
Oui !... Qu’on fasse ça à une enfant... qu’on s’amuse à la faire enrager, passe encore... mais ce genre de plaisanteries n’est plus de mon âge ! Si tu as réellement l’intention de garder ton secret jusqu’en dix-neuf cent je ne sais plus combien... eh ! bien, mon ami, garde-le... seulement moi, je peux te jurer que jamais...
PELLETIER
Assez, Madeleine... cette discussion pourrait mal finir et, vraiment, cela n’en vaut pas la peine !... Tu me connais assez pour savoir que rien ne peut me faire parler quand je veux me taire !
MADAME BLANDIN
Cependant...
PELLETIER
Rien !
MADAME BLANDIN
Je te donne ma parole d’honneur que je regrette d’être venue et que je voudrais ne pas te questionner davantage... mais c’est plus fort que moi !... Il faut que réellement mon inquiétude soit grande aujourd’hui puisque, jusqu’à présent, je me suis inclinée, sans les discuter, devant toutes les exigences de notre situation... ça, reconnais-le ?... (Il regarde sa montre.) Ne regarde pas tout le temps ta montre... je sais que tu veux que je m’en aille... mais avant de m’en aller, moi, je veux que tu comprennes bien ceci... Je ne t’ai jamais reparlé de notre mariage — que je souhaite tant — depuis que tu m’as fait comprendre qu’il fallait y renoncer à cause de ton fils. Je tolère donc, par amour, une existence fort peu agréable, tu peux me croire. Car enfin, je suis fière de toi, tu le sais... je voudrais t’aimer en pleine lumière... et tout cela m’est refusé !... Par respect pour ce jeune homme, je ne peux venir chez toi que clandestinement, de cinq à sept !... Enfin, je dois faire taire sans cesse mon orgueil de femme...
PELLETIER
Il ne t’obéit guère !
MADAME BLANDIN
C’est bien, adieu !
Deux couverts Sacha Guitry